La traduction est-elle un art ?

Selon une définition, un art est une technique, une méthode, ou une série de procédés propres à une activité, utilisée en complément de dons naturels. Ainsi, on parle des « arts culinaires », des « arts martiaux » ou bien de l’art de la sculpture ou du discours. Ces pratiques font appel à des compétences et un savoir-faire qui s’apprennent et s’exercent au fil des années.

Tout comme les écrivains ou les poètes, les traducteurs rédigent leur texte en choisissant scrupuleusement leurs mots. Leur objectif est de retranscrire fidèlement l’intention de l’auteur d’origine, en veillant à ce que leur travail soit une représentation exacte du texte, avec toutes ses nuances, mais qui reste toujours adaptée à son public.

Tel un sculpteur, le traducteur travaille sa matière première pour faire ressortir ce que celle-ci cache à l’intérieur. Michel-Ange a dit un jour : « chaque bloc de pierre a une statue à l’intérieur et c’est la tâche du sculpteur de le découvrir ». De même, à partir de son texte brut d’origine, le traducteur en saisit le sens et le révèle aux yeux de son lectorat.

Comme tous les arts, la traduction évolue avec son temps et se voit transformer par les nouvelles techniques et les développements technologiques. Dans l’artisanat d’art, là où les ébénistes sculptaient autrefois le bois à la main, il existe aujourd’hui des outils électroportatifs ou à commande numérique qui font ce même travail à leur place. De leur côté, les traducteurs utilisent des outils numériques de TAO (traduction assistée par ordinateur) depuis quelques décennies déjà, auxquels s’ajoutent aujourd’hui ceux de la traduction automatique. En faisant preuve d’adaptabilité, le métier a démontré sa force et sa résilience pour faire face aux nouveaux défis.

Certes, la traduction ne ressemble pas au type d’art auquel l’on pense quand on regarde le David de Michel-Ange, mais sans l’étincelle du génie humain, qui caractérise tous les arts et que l’on appelle inspiration, ou créativité, le vrai sens du texte avec toutes ses nuances – qui ne peuvent être traduites de manière littérale – resteraient perpétuellement inaccessible aux lecteurs de langue étrangère. C’est ce même génie qui a permis aux artisans et artistes au fil des siècles de créer les chefs-d’œuvre pour lesquels ils sont aujourd’hui célèbres.

En somme, si la traduction n’est pas éblouissante comme les œuvres sculptées à la main, elle doit toute sa complexité et sa beauté au savoir-faire et à l’expertise des traducteurs. Donc oui, nous croyons que la traduction est un art !

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