La traduction ressemble un peu à la photographie.
Il y a deux cents ans, Nicéphore Niépce a réalisé les premières images fixes et permanentes en utilisant un nouveau procédé dit « héliographique ». Ses clichés sont aujourd’hui considérés comme les plus anciennes photographies connues.
Depuis, la photographie a profondément transformé notre perception du monde. Pour la première fois, des images furent créées qui montraient le sujet tel qu’il était avec une précision et une objectivité jusque-là inconnues. Avec le développement de ces nouveaux procédés et la diminution progressive du temps d’exposition nécessaire à la réalisation d’une photo, il devint possible de représenter des objets en mouvement. Cette prouesse de la technologie a permis de mieux comprendre certains aspects du monde et de rendre accessible des savoirs qui étaient auparavant hors de portée.
Prenons l’exemple des courses équestres. Au début des années 1820, l’artiste français Théodore Géricault a réalisé plusieurs tableaux montrant des chevaux au galop, avec leurs quatre jambes tendues simultanément devant et derrière. Mais grâce au développement technologique et à l’avènement des séries photographiques, il devint possible de créer une série de clichés d’instants beaucoup plus rapprochés dans le temps. Aujourd’hui, grâce à ces techniques, nous savons que le galop du cheval ressemble peu au fameux tableau du XIXe siècle : en réalité, cette allure équestre est asymétrique et à quatre temps, ce qui veut dire que les quatre jambes de l’animal suivent des trajectoires alternées. (Pour ceux qui s’y intéressent, voir ici pour plus d’informations sur les allures du cheval !)
Pour la défense de Géricault, il n’était pas le seul à avoir commis l’erreur !
Mais quel lien avec la traduction ? Nous vous expliquons tout…
Lorsqu’un cheval est au galop, ses jambes apparaissent comme floues aux yeux du spectateur. Celui-ci sait pourtant qu’il court, mais il est incapable de saisir ce qu’il se passe réellement (d’où les représentations erronées !). Dans notre exemple, les traducteurs sont un peu comme l’appareil photo. Ils apportent une compréhension augmentée de ce que voit l’observateur – dans ce cas, le texte – en offrant au lecteur une vision claire de celui-ci et en gardant toutes les nuances linguistiques. Une bonne traduction est précise, soignée et idiomatique, permettant au lecteur d’en saisir pleinement le propos et faisant passer la communication et le transfert des connaissances à un niveau supérieur.
C’est la différence entre l’« à peu près » et une compréhension approfondie.
C’est là, la valeur ajoutée du traducteur.